Originaire de Cornas, en Ardèche, j'ai manifesté très tôt un besoin d'expression artistique, passant du théâtre au conservatoire de musique où j'ai étudié le saxophone et le piano. Dès l’âge de 14 ans, je me suis tourné vers le cinéma en fondant une « Junior Association ». Véritable école de la débrouille, cette structure me permettait de financer mes propres courts-métrages grâce à des captations d'événements réalisées dans la région.
Mon parcours scolaire a été plus atypique. Trois mois avant le bac, ma proviseure m’a convoqué pour me suggérer de redoubler mon année de terminale ou de me déscolariser afin de ne pas nuire aux statistiques de réussite, me lançant : « De toute façon, vous n’aurez jamais votre bac ». J'ai pris ma décision instantanément : j'ai quitté le lycée et je suis monté à Paris pour me consacrer entièrement à ma vocation. Ce fut le grand saut. Issu d'une famille étrangère au milieu artistique, ma mère est secrétaire médicale et mon père commercial, je débarquais sans réseau, mais avec la certitude que ma place était là. C'est durant ces années que le métier de directeur de la photographie s'est définitivement imposé à moi.
Mon expérience s’est forgée sur le tas. J’ai commencé par multiplier les films étudiants et les projets bénévoles, tout en travaillant parfois de nuit en mise en rayon pour tenir le coup financièrement. Petit à petit, ces expériences m’ont ouvert les portes de mes premiers tournages rémunérés : institutionnel, corporate et petites publicités. En parallèle, je continuais de signer l'image de fictions bénévoles pour construire ma première bande-démo, étape cruciale qui m’a permis de franchir un cap professionnel.
En 2019, j’ai signé l’image de mon premier long-métrage, Fario, réalisé par Gérard Jumel, avec qui j’ai collaboré à nouveau en 2024 sur Sur le Sentier. Mon travail s'est depuis diversifié, allant de la comédie (Des Vacances à Tout Prix) au documentaire d’expédition dans la jungle camerounaise, en passant par la publicité pour de grandes maisons comme L'Oréal, Porsche ou Moët & Chandon.
L'année 2024 a marqué par ma rencontre avec Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault. Cette collaboration artistique m'a conduit à la réalisation de la captation du ballet Giselle(s) pour Olympia TV (Canal+). Aujourd’hui, je continue d'explorer le lien entre image et mouvement en animant des masterclass au sein de leur compagnie, « Le Théâtre du Corps ».
Animé par le défi technique et l'alchimie humaine, je considère mon métier comme un apprentissage permanent qui ne permet aucun repos sur ses acquis. Malgré un contexte économique difficile pour la culture, je reste un fervent défenseur d'un cinéma indépendant et inventif. Je suis convaincu que la solidarité artistique et le fait de se mettre corps et âme au service d'un projet sont les meilleures réponses pour surmonter les crises actuelles.

Photo : Soa Brunet